Une manifestation notable en plein anniversaire du coup de force
Le 25 juillet, jour symbolique de la fête de la République tunisienne, environ 2 500 personnes ont défilé dans les rues de Tunis. Ce rassemblement visait à protester contre le président Kais Saied et la dégradation des conditions de vie. La date marque les cinq ans depuis que Saied a pris le contrôle exécutif en suspendant le Parlement, un acte qualifié de coup de force par ses détracteurs. Alors que la Tunisie est en proie à une vague de chaleur intense, les manifestants ont exprimé leur colère contre les fréquentes coupures d’électricité et parfois d’eau qui affectent la vie quotidienne.
Les slogans scandés par la foule reflétaient un profond mécontentement : "Dégage !", "Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix". Wissem Sghaier, porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri, a déclaré à l’Agence France Presse que la marche visait à "demander des comptes" et à dénoncer les "dysfonctionnements" du pouvoir en place. L’universitaire Mouldi Gassoumi a également affirmé que cette mobilisation était "un appel populaire, un appel citoyen pour retrouver les valeurs et les principes de la République".
Régression des droits et libertés sous le mandat de Kais Saied
Kais Saied, élu en 2019 sur une plateforme de probité et de rupture avec la classe politique traditionnelle, a concentré le pouvoir exécutif en juillet 2021, suspendant ainsi le fonctionnement normal du Parlement. Depuis, l’opposition et plusieurs ONG dénoncent une régression importante des droits et libertés en Tunisie. De nombreux opposants politiques ont été condamnés à des peines de prison lourdes, tandis que des journalistes, avocats et militants sont soit incarcérés soit en exil.
Ce recul des libertés contribue à exacerber les tensions politiques dans le pays, au moment où la population doit aussi faire face à des difficultés matérielles accrues.
Crise énergétique aggravée par la chaleur extrême
La Tunisie est actuellement confrontée à une vague de chaleur particulièrement intense, avec des températures dépassant 40°C dans certains endroits. Cette situation pèse lourdement sur le réseau électrique, provoquant des coupures programmées visant à soulager la demande, notamment due à l’usage massif de la climatisation. Ces interruptions d’électricité, parfois accompagnées de coupures d’eau, alimentent la frustration des citoyens et soulèvent de réelles préoccupations, notamment dans les établissements hospitaliers.
Face à la situation, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a lancé un appel pour soutenir le personnel de santé. Elle sollicite notamment des dons de glace alimentaire à destination des patients victimes de coups de chaleur, et encourage les étudiants en médecine à se porter volontaires dans les services d’urgence. Le président de l’OTJM a indiqué sur Facebook que selon les données collectées par de jeunes médecins, entre 150 et 200 décès liés à des coups de chaleur ont été enregistrés ces derniers jours.
À ce jour, les autorités tunisiennes n’ont pas diffusé de bilan officiel sur la situation sanitaire, et le ministère de la Santé n’a pas répondu aux sollicitations des médias.
Những điều bổ ích từ bài viết
- Environ 2 500 personnes ont manifesté à Tunis le 25 juillet contre Kais Saied et la dégradation des conditions de vie.
- Le président tunisien a suspendu le Parlement en 2021, concentrant le pouvoir exécutif, ce qui a suscité une régression des droits et libertés.
- Les coupures d’électricité programmées exacerbent la colère de la population en pleine vague de chaleur intense.
- L’Organisation tunisienne des jeunes médecins a alerté sur une centaine de décès liés à la chaleur et appelle à l’aide pour le personnel médical.
- Les autorités tunisiennes n’ont pas communiqué de chiffres officiels concernant l’impact sanitaire de la crise actuelle.
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